« Fake news », « désinformation », « infox »... Ces termes sont omniprésents. Mais qui désinforme vraiment ? Les réseaux sociaux ? Les médias traditionnels ? Les gouvernements ? Regardons ce que disent les études.
La confiance des Français dans les médias
Selon leReuters Digital News Report 2024, qui analyse 47 pays :
France : 38e sur 47 pays
- 31% des Françaisfont confiance aux médias
- Finlande (1er) : 69% de confiance
- Grèce/Hongrie (derniers) : 23%
Confiance par type de média
Type de médiaConfiance Presse régionaleHaute Service public (France TV, Radio France)Moyenne-haute Le MondeMoyenne-haute BFM TV38% (40% s'en méfient) Médias en ligne35%
L'essor des sources « alternatives »
Le rapport Reuters révèle un phénomène marquant :
D'où s'informent les Français ?
- 48%via des comptes de médias/journalistes
- 52%via des comptes « alternatifs », influenceurs, politiques
Hugo Décrypte est plus cité que Le Monde, Le Figaro et Libération réunis.
La vulnérabilité à la désinformation
Une étudeIpsos-Sopra Steria(2024) révèle un paradoxe troublant :
QuestionRésultat « Êtes-vous capable de distinguer le vrai du faux ? » 74% répondent oui « Les autres Français en sont-ils capables ? » 68% répondent non Adhésion à au moins une fake news présentée 66% des sondés
Traduction :Presque tout le monde pense savoir démêler le vrai du faux, mais presque tout le monde se fait avoir.
Les sources de désinformation identifiées
Selon le rapport Reuters, les principales menaces en matière de désinformation sont :
- Personnalités en ligne et influenceurs
- Responsables politiques
- États étrangers(notamment via les réseaux sociaux)
- Médias eux-mêmes(biais, erreurs, sensationnalisme)
Le recul du fact-checking
Le rapport note que les géants du numérique commeMeta reculent sur le fact-checking, laissant la désinformation se propager plus librement.
Le paradoxe des « fact-checkers »
Censés lutter contre la désinformation, les fact-checkers sont eux-mêmes controversés :
- Financés parfois par des intérêts privés (Google, Facebook)
- Accusés de biais politiques
- Qui vérifie les vérificateurs ?
Les vraies questions
- Pourquoi la confiance est-elle si basse en France ?Les liens entre médias et pouvoir politique/économique y sont-ils plus visibles ?
- Les « alternatives » sont-elles plus fiables ?Un influenceur n'a pas les mêmes obligations déontologiques qu'un journaliste.
- Qui décide ce qui est « vrai » ?La labellisation « fake news » est elle-même un acte de pouvoir.
- La désinformation d'État existe-t-elle ?Les gouvernements mentent-ils parfois à leurs citoyens ?
Ce qu'on peut en retenir
- La confiance dans les médias français est parmi lesplus basses au monde(31%)
- La majorité des Français s'informent via des sourcesnon-journalistiques
- 66%adhèrent à au moins une fake news tout en se croyant immunisés
- Influenceurs et politiques sont identifiés commesources majeures de désinformation
La solution n'est peut-être pas de faire confiance aveuglément à qui que ce soit — médias traditionnels, alternatifs ou fact-checkers — mais de développer son propreesprit critiqueet decroiser les sources.
